Le gouvernement du Québec met fin à une allocation mensuelle destinée aux familles demandeuses d’asile qui élèvent un enfant en situation de handicap ou avec des besoins particuliers. Cette aide visait à compenser une partie des coûts additionnels liés au handicap (déplacements, soins, accompagnements, matériel adapté, etc.).
Selon les informations rendues publiques par des organismes et reprises dans des communications officielles et médiatiques, il s’agit d’un versement de 413 $ par mois, décrit comme le seul soutien financier spécifiquement accessible à ces familles pour répondre aux besoins particuliers de l’enfant.
Date d’arrêt et préavis
La fin des versements est fixée au 1er mars 2026.
Sur le calendrier, la décision a été communiquée aux familles avec un préavis jugé très court:
- des signataires indiquent que l’information a circulé dans les médias le 20 décembre 2025;
- des organismes rapportent que des familles ont reçu une lettre « quelques semaines avant Noël » annonçant l’abolition au 1er mars 2026.
- la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) affirme que l’annonce a été faite « quelques jours avant la période des Fêtes » et déplore l’absence de consultation et de mesures de remplacement.
Combien de familles et d’enfants seraient touchés?
D’après des organismes mobilisés sur le dossier, l’abolition viserait 263 familles et 330 enfants au Québec.
Des reportages mentionnent également « plus de 300 » enfants affectés, ce qui est cohérent avec le chiffre détaillé de 330 enfants.
Pourquoi cette aide est considérée comme cruciale par les intervenants?
Les critiques formulées dans l’espace public s’articulent autour de trois points principaux.
1) Des besoins réels et coûteux
Des intervenants évoquent des diagnostics variés (déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme, paralysie cérébrale, cancer, etc.), qui impliquent souvent des coûts récurrents et une logistique lourde.
2) Une marge financière déjà extrêmement serrée
Des organisations indiquent que, pour certaines familles, la perte de 413 $ ramène le budget mensuel à une base qui rend difficile (voire impossible) de couvrir les dépenses essentielles et les coûts liés au handicap.
Un exemple concret relayé publiquement: après la coupe, une mère monoparentale n’aurait comme revenu que l’aide sociale, soit 1 090 $ par mois, alors que le coût moyen d’un 3 1⁄2 est présenté à 1 500 $ par mois.
3) Un accès limité à d’autres allocations
Des signataires affirment que les familles en demande d’asile ne reçoivent pas certaines allocations familiales courantes et qu’elles n’ont pas accès à divers services d’intégration offerts à d’autres statuts d’immigration.
Ils comparent aussi avec la situation d’une famille ayant un statut permanent: une combinaison d’aides provinciales et fédérales pouvant aller jusqu’à 525 $ par mois pour un enfant en situation de handicap, ce qui illustre, selon eux, la reconnaissance des coûts additionnels.
Réactions institutionnelles: la position de la CDPDJ
Dans une déclaration datée du 30 janvier 2026, la CDPDJ dit s’inquiéter de l’abolition de l’allocation, en soulignant:
- l’absence de consultation et de mesures de remplacement;
- des risques d’atteinte à plusieurs droits protégés par la Charte des droits et libertés de la personne (égalité/non-discrimination, mesures économiques et sociales pour un niveau de vie décent, protection des enfants, dignité).
La Commission demande notamment de rétablir l’allocation et d’assurer une transition sans interruption pour les familles déjà admissibles, ainsi que de suspendre des compressions visant des programmes liés au handicap sans analyses d’impact rigoureuses et transparentes.
Tableau récapitulatif des informations clés
| Élément | Détail |
|---|---|
| Mesure | Fin d’une allocation pour familles demandeuses d’asile ayant un enfant handicapé / besoins particuliers |
| Montant | 413 $ par mois |
| Date d’arrêt | 1er mars 2026 |
| Population touchée (estimation détaillée) | 263 familles, 330 enfants |
| Préavis rapporté | Lettre reçue quelques semaines avant Noël; annonce située autour de la période des Fêtes |
| Principaux impacts évoqués | Pression financière, accès réduit à des services/soins, risques pour inclusion et développement de l’enfant |
| Réaction institutionnelle | CDPDJ: inquiétudes et appel au rétablissement, transition, analyses d’impact |
Ce que cela change concrètement pour les familles
À partir du 1er mars 2026, les familles concernées perdent un montant fixe mensuel qui servait à absorber des dépenses directement liées au handicap. Les intervenants expliquent que l’effet ne se limite pas à une baisse de revenu: il peut entraîner des arbitrages immédiats (transport spécialisé, rendez-vous, thérapies, fournitures, alimentation adaptée, etc.), et accroître l’isolement social de l’enfant si la participation à certaines activités devient inabordable.
Un autre effet indirect est souvent mentionné: quand un parent doit augmenter la prise en charge à domicile faute de moyens, maintenir un emploi peut devenir plus difficile, ce qui fragilise encore l’autonomie financière du foyer.
Conclusion
La fin de l’allocation mensuelle de 413 $ pour les besoins spéciaux des familles demandeuses d’asile marque un changement net dans le filet de sécurité offert à un groupe déjà vulnérable. Avec une date de fin fixée au 1er mars 2026 et une portée estimée à 263 familles et 330 enfants, la mesure soulève des préoccupations concrètes sur la capacité de ces ménages à répondre aux besoins liés au handicap, dans un contexte de coût de la vie élevé. Les réactions institutionnelles, notamment celle de la CDPDJ, insistent sur l’absence de mesures de remplacement et sur les risques d’atteinte à des droits fondamentaux, tout en réclamant un rétablissement et une transition sans interruption.
FAQ
1) Quelle prestation est abolie au Québec pour les familles demandeuses d’asile?
Il s’agit d’une allocation mensuelle de 413 $ destinée aux familles demandeuses d’asile ayant un enfant handicapé ou avec besoins particuliers.
2) À quelle date l’allocation s’arrête-t-elle?
La fin des versements est prévue le 1er mars 2026.
3) Combien de personnes sont concernées?
Des organismes rapportent 263 familles et 330 enfants touchés à l’échelle du Québec.