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L’idéologie antiféministe « de plus en plus pertinente » pour la sécurité nationale, selon le SCRS

Des hauts responsables du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont déclaré que l’idéologie antiféministe prend de plus en plus d’importance dans le paysage de la sécurité nationale du Canada. Bien qu’elle ne constitue pas encore une menace directe, elle pourrait favoriser la radicalisation et l’extrémisme violent dans certains contextes.

Ces propos ont été exprimés lors d’un témoignage devant le Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes, qui étudie le mouvement antiféministe en ligne et ses revendications pour des rôles sociaux et relationnels plus régressifs pour les femmes.

Témoignage confidentiel et inédit

Dans un geste inhabituel, les témoins n’ont été identifiés que par leur prénom et fonction, une décision prise pour protéger leur identité, selon la présidente du comité, la députée conservatrice Marilyn Gladu.

Jean-Pierre, directeur général de la lutte contre le terrorisme au SCRS, et Luc, directeur général des évaluations à l’Integrated Threat Assessment Centre (ITAC), ont témoigné par vidéoconférence, Luc apparaissant à l’écran. Certains membres du comité ont trouvé la situation « étrange » et « inconfortable » compte tenu de leurs responsabilités élevées.

L’antiféminisme et l’extrémisme violent

Luc a expliqué que l’idéologie antiféministe est de plus en plus pertinente dans le cadre de l’extrémisme violent basé sur le genre. Il a précisé que la simple adhésion à des croyances controversées n’est pas considérée comme une menace pour la sécurité nationale selon ITAC.

Cependant, il a ajouté que, dans certains contextes, cette idéologie peut agir comme facteur facilitateur de radicalisation. Ces discours fournissent des cadres de griefs qui légitiment l’hostilité envers les femmes et l’égalité des genres, et certains éléments sont comparables à ceux observés dans d’autres formes d’extrémisme violent idéologique.

Contexte historique et radicalisation en ligne

Le témoignage intervient deux mois après l’anniversaire de la fusillade de l’École Polytechnique de Montréal, un exemple d’attaque antiféministe. L’agresseur avait exprimé sa haine des féministes avant de commettre son crime.

Depuis, la montée des communautés en ligne et des réseaux sociaux a favorisé la propagation de la radicalisation, selon des responsables de sécurité et des chercheurs. Le Canadian Research Institute for the Advancement of Women a noté une augmentation des groupes régressifs et antiféministes, qui recrutent et diffusent leur idéologie en ligne.

Les mécanismes de sécurité et les enquêtes du SCRS

Jean-Pierre a souligné que la violence liée à l’identité de genre, incluant la misogynie violente et la violence anti-LGBTQ2, constitue une catégorie distincte d’extrémisme violent idéologique.

Il a précisé que la plupart des incidents considérés sont criminels mais ne relèvent pas de la sécurité nationale, et que les enquêtes sont souvent dirigées vers la GRC ou la police provinciale et municipale. Le SCRS forme son personnel sur ces idéologies, mais n’enquête pas directement sur la violence contre les femmes au niveau pénal.

Luc a insisté sur le fait que être antiféministe ne signifie pas automatiquement être violent ou extrémiste. Il a ajouté que distinguer la parole controversée des comportements violents est essentiel.

Mélanges d’idéologies et tendances actuelles

Le directeur du SCRS, Dan Rogers, a rappelé que les extrémistes violents actuels sont motivés par un mélange diversifié et personnalisé de croyances extrêmes, dont la misogynie. Ces combinaisons d’idéologies constituent la majorité des enquêtes du SCRS.

Jean-Pierre a confirmé que la plupart des Canadiens ne sont pas concernés, et que seuls un petit nombre sont susceptibles de passer à l’action.

Conclusion

L’idéologie antiféministe, bien qu’inquiétante, n’est pas encore considérée comme une menace directe pour la sécurité nationale du Canada. Cependant, son rôle potentiel dans la radicalisation et l’extrémisme violent souligne l’importance de la surveillance et de l’éducation, ainsi que de la différenciation entre discours controversé et violence réelle. La vigilance continue et l’allocation de ressources adéquates restent essentielles pour prévenir toute escalade.

FAQ

1) L’antiféminisme constitue-t-il une menace immédiate pour la sécurité nationale ?

Non. Il peut favoriser la radicalisation mais ne correspond pas encore à un niveau de menace.

2) Tout antiféministe est-il considéré comme violent ?

Non. L’adhésion à l’idéologie ne signifie pas automatiquement passage à l’action violente.

3) Que fait le SCRS face à ce type d’idéologie ?

Le SCRS surveille les tendances, forme le personnel et collabore avec la police pour prévenir les risques.

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