Près de 2 800 fonctionnaires fédéraux ont déjà obtenu l’approbation pour bénéficier d’un programme de retraite anticipée, alors que le gouvernement canadien poursuit son objectif de réduire la taille de la fonction publique d’ici 2029.
Selon les dernières données disponibles, le programme d’incitatif à la retraite anticipée attire déjà plusieurs milliers de demandes.
Il s’inscrit dans un vaste plan de réduction des effectifs annoncé dans le budget fédéral, qui vise à diminuer le nombre de postes dans l’administration publique tout en maintenant les services essentiels aux Canadiens.
Un programme lancé pour réduire les effectifs
Le gouvernement fédéral a lancé le programme d’incitatif à la retraite anticipée au printemps. Il permet à certains fonctionnaires admissibles de quitter leur emploi avec une pension immédiate fondée sur leurs années de service, sans pénalité liée à un départ avant l’âge habituel de la retraite.
En décembre dernier, environ 68 000 fonctionnaires avaient reçu un avis indiquant qu’ils pourraient être admissibles à ce programme.
Au 26 mai, 6 797 employés avaient présenté une demande, selon les données publiées par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.
Un responsable gouvernemental a indiqué que 2 779 demandes avaient déjà été certifiées par les administrateurs généraux.
Les fonctionnaires intéressés ont jusqu’au 24 juillet pour déposer leur demande. Les personnes approuvées devront quitter la fonction publique au plus tard le 20 janvier 2027.
Un objectif de réduction de 28 000 postes
Ce programme fait partie d’un plan plus large présenté dans le budget Canada Strong 2025, publié en novembre. Le gouvernement prévoit réduire la taille de la fonction publique fédérale de 28 000 postes d’ici 2029.
Sur ce total, environ 12 000 postes d’employés et 350 postes de cadres devraient être supprimés par attrition naturelle et par des programmes comme la retraite anticipée. Le gouvernement prévoit également réduire 16 000 emplois dans le cadre de l’examen global des dépenses.
En parallèle, 24 393 fonctionnaires et 1 059 cadres de l’administration publique centrale ont reçu des avis les informant que leur poste pourrait être touché par cet examen.
Qui est admissible à la retraite anticipée ?
L’admissibilité dépend notamment de la date d’adhésion au régime de pension de la fonction publique.
Pour les membres du groupe 1, soit ceux qui ont adhéré au régime de pension le 31 décembre 2012 ou avant, les critères sont les suivants : avoir au moins 50 ans, compter au moins deux années de service ouvrant droit à pension et avoir au moins 10 années d’emploi dans la fonction publique.
Pour les membres du groupe 2, soit ceux qui ont adhéré au régime le 1er janvier 2013 ou après, il faut avoir au moins 55 ans, compter au moins deux années de service ouvrant droit à pension et avoir au moins 10 années d’emploi dans la fonction publique.
Toutefois, le gouvernement précise que le simple fait de répondre aux critères d’admissibilité ne garantit pas l’approbation de la demande.
Certaines catégories exclues du programme
Tous les fonctionnaires ne peuvent pas bénéficier de cette mesure. Les agents de première ligne et les employés occupant des postes opérationnels à l’Agence des services frontaliers du Canada, à la Gendarmerie royale du Canada et au Centre de la sécurité des télécommunications ne sont pas admissibles au programme.
Le gouvernement affirme que chaque demande doit être évaluée en fonction des besoins opérationnels de l’organisation.
Les administrateurs généraux doivent confirmer que la réduction des effectifs est nécessaire, que les services aux Canadiens seront maintenus et que les besoins actuels et futurs de l’organisation pourront continuer d’être respectés.
Les syndicats contestent le programme
Le programme de retraite anticipée fait déjà l’objet de contestations syndicales. L’Alliance de la Fonction publique du Canada et l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada ont déposé des griefs de principe.
L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada soutient que le programme viole les obligations de consultation et affaiblit certaines protections prévues dans les conventions collectives.
Ces contestations montrent que la réduction des effectifs fédéraux pourrait devenir un enjeu majeur dans les relations entre le gouvernement et les syndicats au cours des prochains mois.
Le programme de retraite anticipée du gouvernement fédéral marque une étape importante dans la réduction prévue de la fonction publique d’ici 2029.
Avec près de 2 800 demandes déjà approuvées et plusieurs milliers encore en attente, cette mesure pourrait transformer profondément certains ministères et organismes fédéraux.
Même si le gouvernement présente cette initiative comme un moyen de réduire les dépenses tout en protégeant les services essentiels, les préoccupations syndicales et les avis envoyés à des milliers d’employés montrent que l’impact humain et organisationnel restera au centre du débat.